Le rassemblement des artisans de la transformation de la ville

Organisme: Centre d'écologie urbaine de Montréal
Projet:

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Lieux:

Par Marie-Philippe Drouin

Transformer sa ville c’est beaucoup de choses : c’est jardiner, c’est faire du tricot-graffiti, c’est stimuler l’économie locale, c’est faire de l’art urbain, c’est se déplacer à vélo, c’est verdir les espaces, c’est interagir avec son voisinage, c’est participer aux décisions politiques, c’est imaginer, partager, oser, rêver.

Créer un espace citoyen, un rassemblement, c’est avant tout permettre des rencontres, mettre les gens en relations. C’est permettre un partage dans une ambiance d’écoute et de discussion. C’est permettre au gens de s’inspirer les un.e.s les autres, de se motiver, de se regrouper, de se reconnaitre.

C’est dans un de ces espaces bouillonnant d’échanges sereins que je suis atterrie, le 11 septembre dernier, fébrile de ma première expérience en la matière. Des artisan.e.s étaient venu.e.s pour entendre des histoires et se rapprocher de d’autres artisan.e.s qui comme eux.elles s’impliquent dans la transformation de la ville de Montréal. La formule était simple et juste, vibrante et conviviale : Un petit verre pour se détendre, une bouchée pour remplir un trou, un espace libre propice à la rencontre et le liant de la soirée : les conteur.euse.s.

La soirée n’a pas débuté que les échanges vont déjà bon train

Comme de grand.e.s chef.fe.s scouts devant leur clan de louveteaux médusés, les quatre conteur.euse.s se sont entretenu de l’histoire de leur projet, leur histoire, de ce qui se cache derrière leurs actions; les réussites, les échecs, les tentatives, les questionnements, en passant par une gamme impressionnante d’émotions qui allaient de l’enthousiasme, au découragement, puis à l’humilité et, finalement, à la fierté et l’accomplissement. C’est à la gauche de Lucia Kowaluk, co-fondatrice du Centre d’écologie urbaine de Montréal, que je me suis assise pour découvrir la militante histoire d’une femme pour qui l’engagement citoyen n’a plus de secret. Les yeux au loin et demi sourire au lèvre, elle nous a raconté les luttes d’un autre temps qu’elle a mené, avec son mari, dans le quartier de Milton-Parc. Sa vie militante est un tourbillon d’intenses engagements et de sages apprentissages. «C’est exigeant, épuisant et parfois même frustrant : dans la militance comme dans la vie, il faut savoir se retirer, se ressourcer, laisser la lutte entre d’autres mains, pour un temps, pour mieux revenir s’investir.» Lucia ne sait que trop bien que derrière chaque lutte il y a des gens qui trop souvent s’oublient pour une cause et voient leur flamme s’éteindre au fil du temps.

Puis, son regard s’est dirigé vers nous. Nous voulions en savoir plus, les questions étaient sur le bout de chaque lèvre. Un fois les esprits rassasiés, Richard Archambault, membre du mouvement des incroyables comestibles, a relancé l’attention en parlant de son jardin en libre-service, du pouvoir du travail anonyme et de la lutte à l’accessibilité à la nourriture de qualité. Quand on lui a demandé s’il trouvait risqué de laisser ses outils accessibles sur la voie publique, Richard a sourit. Il a raconté qu’après une réflexion avec ses collègues, ils ont décidé de ne pas barrer leur coffre à outils pour encourager les gens participer au jardinage. C’est avec grande fierté qu’il a ajouté que depuis le début du projet, aucun outil n’a été volé. «Les gens respectent notre travail, ils.elles sont reconnaissant.e.s, ils.elles nous mentionnent à leur façon qu’ils.elles veulent qu’on poursuive notre travail.» Ainsi, il n’y a pas seulement des légumes qui poussent dans le jardin de Richard, il y a aussi un lien de bienveillance qui fleurit petit à petit dans le quartier.

Puis, la discussion s’est naturellement transformée en table ronde où chacun.e parlait de son projet, ses anecdotes, ses questionnements, ses défis. On s’interpelait, on se questionnait, on partageait, on connectait. Les petites lumières du décor brillaient dans les yeux intéressés des artisan.e.s qui reconnaissaient leurs allié.e.s dans leur parcours vers un idéal d’une ville plus verte, plus créative, plus conviviale, plus humaine.

2 L’expérience des autres est un terreau fertile pour celui.celle qui cherche à transformer sa ville

Les conteur.euse.s ont su créer une occasion idéale pour répondre au désir d’échange des artisan.e.s. Des liens se sont créés, des idées ont émergées, des solutions se sont trouvées et la motivation est née du partage riche entre personnes inspirantes et inspirées par la ville qui est la leur.

Un rassemblement c’est bien plus qu’un espace citoyen, c’est une promesse d’entraide, de solidarité, c’est la promesse d’une ville et d’une vie meilleure.

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