Le corridor écologique Darlington, dans les mots du fondateur Alexandre Beaudoin

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Un corridor vert métropolitain pour créer des milieux de vie et finalement s’adapter aux changements climatiques

Toute cette histoire commence en 2010, alors que les derniers renards du mont Royal semblent avoir été éradiqués.  Cependant, à l’été 2012, deux occurrences sont rapportées par des randonneurs. Mais, d’où ces animaux peuvent-ils bien venir?

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Des renards dans le parc du Mont-Royal? (Image du Montreal Gazette)

Cette situation du renard est malheureusement devenue un fait récurent où l’urbanisation et les activités humaines perturbent l’équilibre de nos écosystèmes affectant, entre autre, notre biodiversité urbaine. Bien que l’effort original mis en place pour la création du Corridor écologique Darlington avait pour but de promouvoir et rehausser la biodiversité urbaine, de nombreux aspects environnementaux contemporains sont venus s’ajouter à ce projet holistique.

Le tracé (du Corridor) proposé, a été réfléchi de manière à favoriser le retour de la faune sur le mont Royal par la création d’un lien entre, parcs urbains, espaces verts et voie de chemin de fer. Au fur et à mesure que ce projet se dessinait, l’idée de répondre à une multiplicité d’enjeux environnementaux, sociaux et même économiques affectant les villes à plus ou moins brève échéance est devenue le cœur même de nos pérégrinations.

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Vue aérienne du corridor écologique Darlington (Image d'Alexandre Beaudoin)

C’est ainsi que le Corridor écologique Darlington s’est transformé pour accorder une place prépondérante à de nombreuses problématiques :

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Les impacts sur les Montréalais à long terme, ne sont pas très différents de ceux qui guettent de nombreuses autres grandes villes nord-américaines. L’augmentation des précipitations et l’état vétuste des infrastructures urbaines représentent déjà, ensemble, un enjeu majeur pour lesquels nous devons tester des pistes de solutions à faible coût. La réduction des îlots de chaleur ou encore la santé du cœur sont d’autres problématiques auxquelles un corridor vivrier et écologique peut répondre, pour autant que le citoyen soit impliqué tout au long des étapes du projet. L’idée étant toujours de créer un milieu de vie AVEC et POUR les citoyens.

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Visualisation d'un milieu convivial et ouvert à de nombreuses activités qui contribuent à un environnement plus sain (Image d'Alexandre Beaudoin)

Ainsi, nous avons développé une manière d’intégrer les préoccupations de la communauté locale et d’exprimer, par des aménagements urbains, une solution qui lui ressemble. À titre d’exemple, lors d’une Table de concertation que nous avons organisée en mai 2015, un élément a été cité plusieurs fois. Il s’agissait de l’augmentation la quantité des surfaces cultivables. Cette demande se heurtait à l’absence d’outils de jardinage et de lieu pour les entreposer. Notre réponse, grâce à l’appui des élus locaux, est l’arrivée d’un cabanon de prêt d’outils au sein d’un parc se trouvant sur le parcours du corridor.

Cela peut paraitre bien banal lors de la la réalisation d’un projet de corridor vert de plusieurs kilomètres au cœur d’une ville de 1,65 millions d’habitants… Cependant, l’appropriation de l’espace et son aménagement par le citoyen est une condition sine qua none pour qu’un projet des civic commons voit le jour. Après tout, les riverains ne sont-ils pas les premiers concernés?

Après l’arrivée de 44 pots géants en culture en 2015 et une mobilisation de dizaines de citoyens, l’année 2016 s’annonce bien chargée avec de nouvelles rencontres citoyennes, des projets allant au-delà des frontières politiques...

Une fois de plus le mont Royal, déjà un emblème de l’écologie urbaine, a permis de repousser les limites de l’aménagement urbain et d’inviter la nature à la rencontre des citadins.

Vue axonomique du corridor Darlington (Image d'Alexandre Beaudoin)

Pour plus d’information : http://durable.umontreal.ca/biodiversite/projet-darlington/